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Acrobatic Anter

L'histoire complète

Le Panache acrobatique existe à la croisée de la sculpture, de la performance et du territoire.

Ce projet est né du désir de créer un objet capable de porter du sens autant que du mouvement. Pas seulement quelque chose que l’on utilise, mais quelque chose que l’on habite. Un objet qui s’exprime à travers le corps tout en demeurant profondément ancré dans une portée culturelle.

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Dans de nombreuses communautés autochtones, le panache est bien plus qu’une forme naturelle. Il est un symbole de territoire, de régénération, de sensibilité et de relation à la terre. Les panaches poussent, tombent et renaissent, marquant les cycles du temps et de la présence. Ils tracent des trajectoires à travers les paysages. Ils écoutent. Ils se souviennent. Pour moi, le panache est devenu une métaphore puissante de reconnexion, au territoire, à la lignée et aux savoirs incarnés.

Ma relation au panache a commencé de façon très simple et intime. Lors d’un Pow Wow à Kahnawake, j’ai rencontré un artisan et j’ai acheté un petit panache. J’ai ressenti une connexion immédiate et profonde. Depuis, ce panache ne m’a jamais quittée. Il est devenu une source constante d’inspiration tout au long de mes projets de recherche et de développement. En poursuivant ma reconnexion à mes racines autochtones, à ma communauté et à mon territoire, le panache s’est imposé naturellement comme une forme guide. C’est ainsi qu’est née l’idée du Panache acrobatique.

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Sur le plan artistique, le projet s’inscrit également dans une lignée d’innovation circassienne. Mon inspiration provient notamment du travail de Fenja Barteldres, dont la démarche a profondément nourri ma réflexion autour du design d’appareil. Fenja a été la première artiste à développer un numéro marquant à partir d’une demi-roue Cyr, transformant radicalement la relation entre le corps et l’objet. Son approche a ouvert de nouvelles possibilités performatives en déconstruisant la roue en fragments, plutôt qu’en la considérant comme une forme fermée et immuable.

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La roue Cyr elle-même a été créée en 1994 par Daniel Cyr, révolutionnant la roue allemande et marquant un tournant majeur dans le cirque contemporain. Sa simplicité, sa puissance et son accessibilité ont déclenché un mouvement mondial, inspirant des artistes à explorer un nouveau langage acrobatique. Le travail de Fenja a prolongé cet héritage en démontrant que l’innovation peut aussi naître du fait de fragmenter une forme plutôt que d’y ajouter de la complexité.

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Le Panache acrobatique s’inscrit dans cette continuité d’innovation tout en l’ancrant dans une symbolique autochtone et une intention sculpturale. Il est conçu comme un objet performatif qui ne domine pas l’interprète, mais qui invite au dialogue. Le corps ne conquiert pas l’appareil. Il négocie avec lui. L’équilibre, l’écoute et les micro-ajustements remplacent la force et le contrôle, donnant naissance à un langage de mouvement organique, animal et profondément relié au territoire.

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Sur le plan technique, le projet se trouve actuellement en phase active de développement. Les dessins techniques et la recherche structurelle sont menés par Jean Charboneau, tandis que la fabrication et les tests sont assurés par Jean-François Faber, artiste wendat et performeur de cirque de longue date. Chaque étape accorde une attention particulière à la sécurité, à la précision et au respect du corps de l’interprète, tout en préservant l’intégrité sculpturale et l’essence symbolique du panache.

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Le Panache acrobatique est pensé à la fois comme un appareil et comme une présence sculpturale. Il peut exister comme œuvre performative autonome ou s’intégrer à des créations plus vastes où le mouvement, la scénographie et la technologie se rencontrent. C’est une structure vivante, façonnée par la collaboration, le territoire et le temps.

Ce projet est encore en déploiement. D’autres phases, découvertes et possibilités artistiques restent à venir. Je suis profondément enthousiaste à l’idée de poursuivre l’exploration du vaste potentiel acrobatique et poétique de cette forme sculpturale et performative, solidement ancrée dans ma culture, tout en s’ouvrant à de nouvelles expressions contemporaines.

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